A quoi sert la COP 27 (et toutes les autres) ?

Depuis 1995, c’est LE grand rendez-vous mondial de l’environnement. Petite plongée dans cet univers complexe et décisif.

A quoi sert la COP 27 (et toutes les autres) ?

Chaque année, une nouvelle « COP » réunit en effet les pays du monde entier pour décider, collectivement, de ce que nous sommes prêts à faire pour tenter de sauver la vie sur notre planète. Autant dire qu’une partie de notre avenir à toutes et tous se joue là…

Une « COP », qu’est-ce que c’est ?

Commençons par ce nom, en forme d’acronyme : « COP » veut dire « Conférence des parties » (Conference of the Parties, en anglais).

Les parties, ici, sont des pays. Concrètement, c’est donc un sommet international où les États se retrouvent pour discuter d’un sujet (ici les changements climatiques) et décider ensemble d’objectifs communs à atteindre.
Les COP, organisées dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ont été inventées en 1992 au Sommet de la Terre à Rio (Brésil). Elles réunissent 196 États et ont lieu chaque année (en novembre ou décembre). La toute première, la COP 1, s’est déroulée en 1995 à Berlin. Durant ces sommets, qui changent de ville à chaque fois, les pays négocient une feuille de route et prennent des engagements pour lutter contre le changement climatique. Notons qu’on parle ici des COP sur le climat, mais qu’il en existe deux autres versions : les COP sur la biodiversité et les COP sur la lutte contre la désertification, toutes deux liées à des conventions des nations unies signées elles aussi en 1992 à Rio.

Qui participe aux COP ?

Du monde, beaucoup de monde ! Une édition peut réunir jusqu’à 40 000 personnes. Les principaux acteurs sont les délégations nationales : les équipes de négociateurs que chaque pays envoie. Ce sont elles qui vont animer les débats et c’est d’elles que dépendent les résultats finaux des sommets. Mais elles ne sont pas seules. Tout un écosystème se met en place lors des COP, soit une foule d’acteurs qui vont échanger entre eux, défendre leurs intérêts propres (ou l’intérêt général) et tenter de peser sur l’issue des discussions.
Parmi eux : des ONG ; des entreprises ; des syndicats ; des représentants de populations autochtones ; des journalistes ; des scientifiques ; etc. Ajoutons enfin les citoyens : vous et moi pouvons en effet nous rendre aux COP, où des espaces dédiés au grand public proposent des expos, des débats et des ateliers autour du changement climatique. Ces espaces publics sont gérés par le pays hôte, tandis que l’espace « pro » est administré par l’ONU.

UNE cop pour Quels objectifs ?

Le grand défi des COP climat, c’est de se mettre d’accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) émises par les activités humaines et sur les mesures à prendre pour limiter le réchauffement climatique. On parle donc bien ici des négociations chiffrées : combien de CO2 on rejette, et de combien de degrés on laisse la planète se réchauffer.
Les négociateurs prennent pour base de travail les fameux rapports du GIEC, sorte de « bible » du changement climatique, où sont compilées toutes les connaissances scientifiques du moment.

Quelles avancées espérer ?

Bon… les COP accouchent rarement de grandes ruptures en matière de lutte contre le changement climatique. Mettre d’accord 196 pays n’est en effet pas une mince affaire. Le système du compromis implique des avancées par (tout) petits pas. Pour autant, plusieurs COP ont marqué l’histoire :
- la COP 3 : au Japon, en 1997, la troisième édition de la COP climat débouche sur le célèbre Protocole de Kyoto. Pour la première fois, un texte juridiquement contraignant est adopté. Il proclame que les 55 pays les plus industrialisés (et donc les plus pollueurs) devront avoir réduit d’au moins 5% les émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012, par rapport au niveau d’émission de 1990.

- la COP 15 : au Danemark, en 2009, la quinzième COP de l’histoire est restée dans les mémoires comme celle de la honte… Après d’interminables négociations, et alors qu’ils devaient réactualiser les objectifs du protocole de Kyoto, les États n’ont pas voulu s’entendre, et fixer de nouveaux objectifs chiffrés. Résultat : une simple déclaration d’intention, de trois petites pages, et un échec cuisant.

- la COP 21 : en France, en 2015, la COP21 se conclut par la signature de l’accord de Paris. C’est le premier traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques qui réunit (quasi) l’ensemble des pays du monde. Ratifié par 192 parties, il ambitionne de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous des 2°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Au menu de la COP 27 ?

En 2021, la COP 26 s’est tenue en Écosse et a débouché sur le Pacte de Glasgow, un texte non-contraignant signé par 197 Etats. Il vise à réduire de 45% les émissions mondiales de CO2 d’ici 2030 (par rapport au niveau de 2010). Pour la première fois, les énergies fossiles sont explicitement pointées du doigt dans le texte, et les pays s’engagent à les réduire. Mais globalement, la COP26 a déçu. La prochaine est donc d’autant plus attendue.

A quoi sert la COP 27 (et toutes les autres) ?

Où se passera la cop 27 ? Qui l'organise ?

Cette année, c’est au tour de l’Egypte d’accueillir la COP, à Charm el-Cheikh, du 7 au 18 novembre 2022. Sa particularité ? Les États négociateurs ne pourront pas  ignorer le sixième rapport du GIEC sorti cette année. Un rapport ultra alarmiste : selon les estimations du GIEC, « les activités humaines ont provoqué un réchauffement planétaire d’environ 1 °C au-dessus des niveaux préindustriels » ; et « il est probable que le réchauffement planétaire atteindra 1,5 °C entre 2030 et 2052 s’il continue d’augmenter au rythme actuel ». Or, on le sait, à ce niveau de réchauffement, les événements climatiques violents vont encore se multiplier, les écosystèmes souffrir et la vie sur Terre sera plus dure et plus inégalitaire.

La COP 27 devra donc se pencher sérieusement sur le dernier bilan du GIEC, et sur ses préconisations. Grosso modo, il faut absolument baisser beaucoup plus vite et plus radicalement nos émissions de gaz à effet de serre.

Pour éviter la catastrophe, les scientifiques avancent plusieurs urgences :
- réduire la demande énergétique (consommer moins, dans tous les secteurs) ;
- sortir sans délai des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) ;
- amplifier l’aide financière aux pays vulnérables et la coopération internationale en règle générale ;
- développer la captation du CO2 pour prendre le relais de la planète qui n’y arrive plus toute seule,
et ainsi baisser le niveau de CO2 dans l’atmosphère. Cela passe par la création de puits de carbone, naturels (arbres) ou artificiels (technologies humaines).

Le succès de la COP 27 dépend en grande partie de la capacité des États à prendre des mesures pour activer ces leviers. Quant au futur du climat, il dépend des COP (un peu) mais aussi de nous, entreprises, pour faire évoluer certaines pratiques. De chaque citoyen•ne, aussi, qui détient le pouvoir chaque fois qu'il•elle décide de consommer (ou non) un produit.

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